L’homéopathie est-elle vraiment une méthode thérapeutique différente et particulière ?

 

Cet article est rédigé par Alexandra Ceccarelli, auteur du blog jesuisenforme.net.

L’homéopathie est une méthode thérapeutique qui implique une conception différente de la relation au malade et qui obéit donc à des règles particulières.

Voyons ensemble ces règles spécifiques…

 

homéopathie

L’homéopathie considère que les remèdes hautement dilués sont plus puissants que ceux faiblement dilués.

 

L’homéopathie est née au XVIIIe siècle à l’initiative de Samuel Hahnemann.

Les origines de l’homéopathie

Samuel Hahnemann est alors un jeune médecin de 24 ans déçu par ses études et par sa pratique qu’il juge frustrante et inefficace.

Il ferme donc son cabinet et prévient ses patients qu’il va désormais se consacrer à la recherche.

L’homéopathie naît grâce au quinquina, un médicament extrait de la quinine qu’on utilise actuellement pour traiter les accès de paludisme.

Hahnemann expérimente alors le quinquina sur lui-même, en bonne santé et sans fièvre, de façon à étudier les effets curatifs de la substance. Il aboutit à la fameuse loi de la similitude énoncée par Hippocrate et qui stipule que « l’application des semblables fait passer de la maladie à la santé ».

Autrement dit, il existe un parallélisme d’action entre le pouvoir toxicologique d’une substance et son pouvoir thérapeutique.

Mais Hahnemann ne s’en tient pas là: il remarque que les symptômes fluctuent suivant certaines circonstances et modalités ci-dessous:

  • l’horaire, la saison et la périodicité
  • le climat
  • la position: assis, debout, couché
  • les cycles: repos, sommeil, cycles menstruels

Progressivement, Hahnemann affine ses premiers remèdes, jusqu’à les diluer afin d’éviter les effets secondaires.

Principe de l’homéopathie

Aujourd’hui, nous savons tous que les remèdes homéopathiques apportent de très petites quantités de principes actifs, mais à l’époque ce n’était pas évident.

L’homéopathie postule que pour soigner un mal, il faut administrer des doses infinitésimales d’une substance qui crée ce même mal, de manière à déclencher dans l’organisme des réponses immunitaires qui vont annuler les symptômes provoquées par ces mêmes substances.

Ce traitement induit une relation particulière au malade, propre à la pratique homéopathique.

L’homéopathie entretient une relation au malade très spécifique

Une écoute particulière est nécessaire au médecin homéopathe, qui attache une très grande importance à la description des maux, à leur fréquence, à leurs facteurs d’aggravation ou d’amélioration.

Consultation homéopathique avec interrogatoire complet

Qu’est-ce qui a pu déclencher les troubles? Depuis quand sont-ils apparus? Qu’est-ce qui les soulage? Quelles sont les habitudes du patient concernant son sommeil, sa sexualité, son alimentation? A-t-il des difficultés à digérer? Des soucis d’ordre gynécologiques? Des insomnies? Est-il anxieux? A-t-il d’autres problèmes?

On le voit, l’interrogatoire est assez poussé, d’ailleurs il peut remonter aux antécédents du patient: la recherche d’antécédents familiaux est importante et sert à déterminer si le malade a une fragilité préexistante.

 

 

Consultation homéopathique avec examen physique systématique

Pour que la consultation soit complète, il est ensuite nécessaire de procéder à l’examen physique du malade, de manière systématique.

Le médecin homéopathe examine les symptômes physiques: leur localisation, leur emplacement, les petits signes (notamment sur la peau), tout cela dans le respect de l’unité de la personne.

La personne humaine, en effet, est appréhendée dans son entier, dans sa globalité physique, psychique, culturelle et historique.

Une consultation homéopathique individualisée et personnalisée

Alors que la médecine traditionnelle fragmente l’être humain et applique des traitements identiques à des personnes différentes, l’homéopathie (souvent appelée médecine holistique), permet d’individualiser les traitements en fonction de chaque patient et des symptômes qui lui sont propres.

Le caractère aigu ou chronique des troubles est aussi une indication pour le traitement, qui sera fort différent suivant que la maladie apparaît pour la première fois ou non.

Les remèdes homéopathiques

Les remèdes tirent leurs principes actifs de produits originaires de trois règnes: animal, végétal et minéral (et non des plantes exclusivement comme on le croit fréquemment).

Après des procédés de dilution et de trituration (réduire une substance en poudre ou en pâte par écrasement), on obtient au final des granules (sous forme de tubes de 75 granules environ) et des globules imprégnés de principe actif (sous forme de petits tubes-doses de 200 ou 300 globules).

Les granules se conservent des dizaines d’années même si la législation française rend obligatoire une date de péremption que l’on trouve sur l’étiquette des tubes.

Il existe aussi d’autres formes pour les remèdes: suppositoires, sirops, pommades, gouttes buvables, poudres…

Le traitement homéopathique

En cas de maladie aiguë, les prises doivent commencer très rapidement après l’apparition des premiers symptômes et continuer à un rythme d’une seule granule tous les quarts d’heure

En cas de maladie chronique, on prendra le remède une ou deux fois par jour, pour les basses dilutions, et une fois par semaine ou toutes les deux semaines pour les hautes dilutions.

# Traitement homéopathique : quelle dilution?

Les dilutions sont importantes: on utilise le plus souvent des dilutions 5CH, 7CH, 9CH, 15CH et 30CH.

# Quand arrêter le traitement le traitement homéopathique ?

En cas de maladie aiguë, on arrêtera le traitement quelques jours après la disparition des symptômes.

Dans le cas d’une maladie chronique, il faut se référer à l’avis du médecin.

Effets secondaires homéopathiques ?

Le traitement homéopathique, contrairement à la médecine classique, ne provoque pas d’effets secondaires.

S’il arrive parfois au patient de se sentir « plus mal » au bout de 2 ou 3 semaines de traitement, cela a trait à une réactivation des défenses de l’organisme, et que tout rentre généralement dans l’ordre rapidement. Dans tous les cas, veillez à consulter régulièrement un médecin homéopathe.

Cet article est rédigé par Alexandra Ceccarelli, qui est également l’auteur du blog jesuisenforme.net.

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